La conduite accompagnée est une méthode d’apprentissage qui permet aux mineurs âgés de plus de 15 ans de commencer à apprendre à conduire un véhicule avec leurs parents ou toute autre personne rassemblant les critères requis.

Les conditions de la conduite accompagnée

L’apprentissage anticipé de la conduite automobile à partir de 16 ans (AAC) est possible sous certaines conditions. Ce type de formation implique également un certain nombre de règles à respecter, autant pour l’apprenti conducteur que pour son accompagnateur.

Cet apprentissage se déroule en trois temps :

  • La formation initiale : l’élève s’inscrit dans une auto-école, ses connaissances sont évaluées puis il signe un contrat de formation avec la structure. Il réalise ensuite au moins 20 heures de formation (qui comprennent des cours théoriques et la pratique de la conduite) avant de passer l’examen du Code.
  • La conduite accompagnée : pendant cette phase qui dure de 1 à 3 ans et qui intervient après la réussite au Code, l’élève doit parcourir 3 000 km au volant d’une voiture. Un livret d’apprentissage (qui doit être dans le véhicule quand l’apprenti conduit) sert de carnet de bord et permet de noter ses distances parcourues.
  • Le bilan de fin de formation : à l’issue du dernier rendez-vous pédagogique avec l’auto-école, le formateur décide si l’élève peut passer l’examen du permis de conduire ou si des heures de conduite supplémentaires sont nécessaires.

L’âge pour la conduite accompagnée

En France, toute personne souhaitant apprendre à conduire, avec comme mode de formation la conduite accompagnée, doit être âgée au minimum de 16 ans. L’accord préalable des parents est requis lorsqu’il s’agit d’un mineur.

Il n’existe pas de limite d’âge pour la conduite accompagnée, interdisant d’opter pour ce type d’apprentissage. On peut en effet commencer la formation à 17 ans ou même une fois majeur. Tout dépend de la manière dont on préfère apprendre à conduire et du temps dont on dispose.

A noter : La nouvelle réforme du permis de conduire envisage d’abaisser l’âge minimum pour la conduite accompagnée à 15 ans, mais cette loi n’est encore qu’à l’état de projet.

Durée de la conduite accompagnée

La durée de la conduite accompagnée est comprise entre 1 an et 3 ans. Pendant cette période, l’apprenti conducteur doit parcourir 3 000 km minimum.

L’intérêt pour l’élève est d’apprendre à conduire dans différentes contextes (le jour, la nuit, au crépuscule, quand il pleut ou qu’il neige…) et sur tous les types de routes (nationales, départementales, autoroutes, centre-ville, routes de montagnes…). Son périmètre d’apprentissage est toutefois limité au territoire national.

Code conduite accompagnée

Avant de commencer à conduire, l’apprenti automobiliste doit avoir obtenu son examen du Code de la Route. Pour cela, il participe, au sein de son auto-école, à plusieurs cours et exercices théoriques, lui permettant d’assimiler les règles de sécurité routière et les bons comportements à adopter au volant.

A noter : Le Code de la conduite accompagnée à connaître est le même que celui d’un apprentissage classique à la conduite !

Disque de conduite accompagnée

Le disque de conduite accompagnée est ce qui distingue une voiture conduite par un apprenti automobiliste des autres véhicules. A chacune de ses sorties, il doit être apposé à l’arrière de l’auto, en bas du pare-brise ou sur la carrosserie, et de manière visible par les autres conducteurs.

Le disque de conduite accompagnée est obligatoire, comme le précise l’article R413-5 du Code de la Route. L’absence de ce signe distinctif sur le véhicule, lorsque l’apprenti conducteur est au volant, peut coûter 35 € (amende de 2e classe) en cas de contrôle routier.

A noter : Le véhicule conduit par l’élève doit également disposer de deux rétroviseurs latéraux extérieurs, un à droite et un à gauche.

Conduite accompagnée : l’accompagnateur

L’accompagnateur doit posséder un permis B et l’avoir obligatoirement obtenu au moins cinq ans avant de commencer à faire conduire l’apprenti automobiliste. Il s’agit généralement de l’un des deux parents mais cela n’a aucun caractère obligatoire : ce peut être un autre membre de la famille ou une personne extérieure. Et il n’y plus de condition d’âge.

L’accompagnateur doit par ailleurs avertir sa compagnie d’assurance et recevoir son accord pour pouvoir participer à la conduite accompagnée. En effet, certains organismes refusent que leurs assurés ayant commis plusieurs infractions graves au Code de la Route puissent endosser ce rôle.

Enfin, l’accompagnateur ne doit pas avoir été sous le coup d’une suspension ou d’une annulation de permis de conduire, dans les cinq années qui ont précédé la date de la demande.

A noter : Un élève peut avoir plusieurs accompagnateurs dès lors qu’ils répondent tous aux critères imposés par la loi.

Limitation de vitesse conduite accompagnée

La limitation de vitesse en conduite accompagnée est identique à celle imposée aux conducteurs qui sont en permis probatoire :

  • En agglomération : 50 km/h.
  • Sur routes (départementales et nationales) : 80 km/h.
  • Sur voies à accès règlementé : 100km/h.
  • Sur autoroutes : 110 km/h.

A noter : En cas de dépassement de vitesse, et plus généralement en cas d’infractions, l’apprenti conducteur peut être poursuivi et sanctionné par une amende, et voir son livret d’apprentissage et son droit de conduire retirés par le préfet.

Les rendez-vous pédagogiques

Pendant la durée de la conduite accompagnée, l’auto-école qui assure la formation de l’élève organise, en présence de l’accompagnateur, 3 rendez-vous pédagogiques :

  • 1er rendez-vous pédagogique: il a lieu avant la formation initiale et a pour but de préparer l’accompagnateur à son rôle (durée : au moins 2 heures).
  • 2e rendez-vous pédagogique: il a lieu de 4 à 6 mois après la formation initiale de l’élève et après qu’il ait parcouru 1 000 km (durée : 3 heures).
  • 3e rendez-vous pédagogique: il a lieu une fois que l’apprenti a parcouru les 3 000 km requis par l’apprentissage (durée : 3 heures) et établi un bilan pour indiquer à l’élève s’il est apte à passer l’examen de conduite (il doit être majeur pour cela).

Les 2e et le 3e rendez-vous pédagogiques se décomposent en 2 parties :

  • Partie pratique : l’élève conduit de 40 à 60 minutes pendant lesquelles le formateur évalue son comportement et ses aptitudes au volant,
  • Partie théorique : Le formateur s’entretient avec l’élève, qui lui fait part de son expérience et aborde avec lui des thèmes de la sécurité routière (alcool et stupéfiant au volant, vitesse, fatigue et vigilance, assurance…).

Les avantages de la conduite accompagnée

Les avantages de la conduite accompagnée sont nombreux :

  • Elle permet à l’élève d’apprendre progressivement, sans perdre de temps, puisqu’il n’est de toute façon pas autorisé à passer le permis avant son 18e
  • L’apprenti peut passer le Code de manière anticipée et n’aura pas à le repasser plus tard.
  • L’apprenti possède déjà une solide expérience de la conduite lorsqu’il obtient son permis.
  • La réussite à l’examen est meilleure que par la voie d’apprentissage classique : 70 % de ceux qui ont fait la conduite accompagnée ont leur permis du 1er coup (contre 62 % pour les autres).
  • La durée de la période probatoire est raccourcie de 3 à 2 ans. Le capital maximum de 12 points sur le permis à points est donc attribué à l’issue de la 2e année.
  • En période probatoire, la surprime d’assurance n’est que de 50 % la 1ère année, de 25 % la 2e année et elle disparaît la troisième année si le jeune conducteur n’a jamais eu d’accidents.

L’assurance

Il est obligatoire d’informer sa compagnie d’assurance de son intention de faire faire la conduite accompagnée à son enfant (ou tout autre personne), pour l’informer de son besoin d’assurer son véhicule de manière adaptée à la situation et obtenir son accord.

Il est ainsi nécessaire de demander une extension de garantie de son contrat auto au moment de l’inscription à l’auto-école. Un avenant remplacera alors l’ancien document. Celui-ci ne donne généralement lieu à aucune surprime : il n’y a pas de hausse de cotisations pour l’assuré.

En cas d’accident, l’accompagnateur devra toutefois assumer une partie des dommages et payer une franchise « conducteur novice » en plus des autres obligatoires. Selon l’infraction commise, il pourra être amené à réaliser un stage de récupération de points.

L’assureur est en droit de refuser de couvrir un élève en conduite accompagnée s’il estime que cela représente un risque trop important.

Prix de la conduite accompagnée

Le prix de la conduite accompagnée varie d’une auto-école à une autre et dépend de la région d’appartenance, mais il est également fonction du nombre d’heures de leçons qui devront être prises par l’apprenti conducteur. Toutefois, il se situe dans une fourchette large de 1 100 € à 1 900 € pour l’ensemble du territoire, mais le plus souvent il varie de 1 300 € à 1 600 €.

Une étude menée par l’Association Prévention Routière (APR) à l’été 2013 révèle que la conduite accompagnée coûte moins chère que la méthode d’apprentissage classique, avec une différence de prix de plus de 500 €. Cela s’explique surtout par le nombre d’heures de conduite supplémentaires nécessaires à un élève qui a beaucoup moins pratiqué.

En effet, l’avantage financier de la conduite accompagnée tient dans la non-obligation de payer à chaque fois que l’on prend le volant avec son formateur. Et parce qu’il est très entraîné, l’élève en AAC n’a généralement pas non plus besoin de reprendre des cours de conduite avant de passer son examen pratique, qu’il réussit bien mieux dans ce mode d’apprentissage. Par conséquent, 70 % du temps, il n’a pas à repayer non plus les frais d’un second examen.

Conduite accompagnée pour adulte

La conduite accompagnée pour adulte existe bel et bien : il n’y a pas en effet de limite d’âge maximum pour apprendre à conduire avec cette méthode d’apprentissage lorsqu’on est majeur. Les conditions sont par ailleurs identiques, à quelques détails près qui paraissent évidents : il n’est par exemple pas nécessaire d’obtenir l’accord de ses parents et il est possible de demander à son conjoint d’assurer le rôle d’accompagnateur.

En fonction de son profil conducteur et de ses attentes, et outre l’aspect financier intéressant, la conduite accompagnée pour adulte présente des avantages. Elle permet à une personne qui souhaite commencer tardivement la conduite de s’y mettre progressivement, ce qui est appréciable à partir d’un certain âge. Le fait d’apprendre avec son conjoint peut également mettre davantage en confiance. Tous les autres avantages sont les mêmes que pour les personnes mineures.

La conduite accompagnée pour adulte présente toutefois un inconvénient majeur : il s’agit d’un apprentissage très long, qui dure au minimum 1 an et impose la contrainte de parcourir 3 000 kilomètres avec un accompagnateur. Or, une année n’est pas nécessaire pour apprendre à conduire par la filière classique. Il ne faut donc pas être pressé lorsqu’on choisit ce type de formation !

FAQ sur la conduite accompagnée

J’ai 17 ans et je souhaiterais rapidement passer mon permis. Me conseillez-vous de choisir la conduite accompagnée ou la méthode d’apprentissage classique ?

Si vous optez pour la conduite accompagnée, et que vous êtes sérieux et assidu, en une année vous pouvez avoir obtenu le Code et parcouru les 3 000 kilomètres règlementaires. A vos 18 ans, vous pouvez être prêt et bien entraîné pour passer l’examen pratique de conduite, avec des chances accrues de le réussir. Toutefois, si vous vous lancez dans cette méthode d’apprentissage, vous devez en respecter toutes les contraintes et vous montrer très sérieux pour atteindre votre but en 12 mois seulement. La formation classique vous imposera moins de contraintes et l’apprentissage sera plus rapide. Mais vous devrez attendre vos 18 ans pour commencer les cours, le coût sera plus élevé et vos chances de réussite légèrement moindres. A vous de choisir !

Je souhaiterais permettre à mon fils de faire la conduite accompagnée. Quelles sont les démarches que je dois entreprendre pour devenir accompagnateur ?

Tout d’abord, vous devez nécessairement avoir votre permis B depuis plus de 5 ans (sans interruption) et ne pas avoir fait l’objet d’une suspension ou d’une annulation de permis dans la demi-décennie passée. Ensuite, vous devez avertir votre compagnie d’assurance de votre intention de devenir accompagnateur et obtenir son accord (elle a le droit de refuser). Enfin, vous devez vous sentir physiquement et psychologiquement prêt à endosser ce rôle pendant 1 à 3 ans, en ayant conscience de l’engagement et des contraintes que cela implique.

A retenir !

  • Conduite accompagnée : à partir de 16 ans.
  • Prévenir obligatoirement son assurance.
  • Moins cher et meilleur réussite à l’examen de conduite.